Tu me "coaches" ?

vendredi 23 mars 2018
par Comité de Vendée

Comme souvent dans le discours sportif, notre langue pourtant plus riche en nuances que celle d’outre-manche, fait appel aux anglicismes. Mon propos concernera donc l’exercice de "conseiller" au cours des compétitions pongistes.

Qui est capable d’estimer avec exactitude le pourcentage d’influence d’un conseiller sur l’issue d’une confrontation ? Question loin d’être simple, sur laquelle la plupart des suiveurs du dimanche ne s’épanchent pas, tellement certains de leur importance indiscutable. Comme je le rappelle lors de chaque formation, ce statut de conseiller est extrêmement valorisant pour peu que le joueur gagne. Il s’ensuit alors : sourires complices et "tchek" divers et variés , exprimant ainsi une connivence, un aboutissement fusionnel. Mais cet état n’est-il pas trop sublimé par rapport au travail discret fourni en amont, des mois, voire des années auparavant, durant l’apprentissage en salle ? Un joueur ne s’entraînant jamais, peut-il s’en sortir sans être suivi ? Il y a peu de chance car il ne s’entraîne pas ! Enzo Angles a montré au dernier championnat de France qu’un pongiste peut atteindre la finale, seul pendant ses parties. Mais lui, s’entraîne de façon assidue et intensive.

Il me semble qu’une des vertus d’un entraîneur devrait être d’enseigner en semaine à ses joueurs, l’utilisation des armes technico-tactiques nécessaires, afin de tendre vers l’autonomie maximale en compétition. Ainsi, l’analyse du jeu proposé par l’adversaire serait décrypté de façon efficace et personnelle. A l’inverse, la plupart du temps, le conseiller instaure, consciemment ou non, un état de dépendance, très flatteur pour son ego, mais qui se révèle à long terme, stérile pour l’épanouissement du joueur.... Encore faut-il travailler pour le long terme !

Tony SEYMOUR